Jeudi 23 août 2007
RAS
Je commence quand même à me faire un peu chier. La menuiserie est encore en rade, no comment. J’ai dormi 3h cet aprèm, sans vergogne car tout le monde me conseille de prendre des forces pour affronter l’année scolaire qui est plus que chargée. À ce rythme, je vais vraiment être chargé à bloc !
Le courant est encore parti pendant quatre heures.
Vendredi 24 août 2007
RAS + messe à la cathédrale
Rien de très neuf, à part une messe de trois heures et demie à la cathédrale pour les vœux de trois sœurs et l’institution du nouveau vicaire général.
Il faut quand même que je raconte cette messe épique. Il faut imaginer la cathédrale d’Ebolowa (je prendrai des photos le moment venu), avec seulement deux cent personnes, ce qui la remplit à ¼, mais deux chorales qui se disputent les chants et une douzaine d’enfants de chœur. Déjà, nous prenons les vingt minutes de retard légales. Puis la messe commence. Les rites pénitentiels prennent le temps habituel pour l’Afrique, je reconnais les chants du Kyrie et du Gloria, que j’ai entendu dimanche dernier, mais je ne comprends toujours pas un mot de Bulu alors…
Puis arrive la procession de la parole de Dieu. Une bande d’au moins quinze personnes dansent dans la nef pour apporter une Bible. Lectures, puis sermon. L’évêque commence en anglais, alors je me dis que ça va prendre du temps. Je m’endors aussitôt, puis me réveille un quart d’heure plus tard, il parle alors en français. Je me rendors peinard en me disant qu’il reste de toute façon le bulu…Ce qui est le cas.
Après le sermon arrivent les officiels et ceux qui ont prévu le coup. C’est le moment des vœux et la messe a déjà durée une heure et demie. Les vœux sont classiques, mais après ceux de la première retentit un violent bruit suraigu. Je pense que c’est du larsen et je me dis que j’en ai rarement entendu d’aussi forts. Pourtant, personne ne semble s’en soucier. Puis je comprend que c’est la mère de la jeune fille qui manifeste son approbation…s’en suit un véritable concours de youyous à tout bout de champs, jusqu’à la fin de la messe, surtout quand il y aura les intronisations des chanceliers, procureurs et recteurs du diocèse. Ces installations sont faites en privé dans nos diocèses mais c’est l’occasion d’une grande fête ici.
Pour la procession des offrandes, encore quinze personnes dansent, et apportent des sacs de bananes, de manioc, deux poulets vivants dans des paniers (bonjours l’ambiance) et des pacs d’eau minérale (très esthétique…). La suite fut catholique, mais dura, dura, dura…
Je m’habituerai, c’est mon boulot !
Samedi 25 août 2007
Finale des JO de la prison, messe du soir dans une petite chapelle
Nous partons à 9h pour la cérémonie de clôture des JO de la prison d’Ebolowa, où j’étais la semaine dernière. Comme d’hab, nous attendons pendant les vingt minutes de politesse avant que les choses ne commencent…Cela permet à tous les prisonniers de venir nous proposer un à un leur marchandise douteuse. Notamment l’un d’eux qui veut me vendre ses cannes en ébène véritable. Je ne me souvenais pas que l’ébène était aussi léger et qu’il laissait des traces de cirage sur les mains quand on le touchait…
L’un des types que j’avais vu la semaine dernière me prend à part pour me demander de respecter la promesse d’argent que je lui avais faite. Je suis honoré qu’il pense à moi dans son sommeil car je ne me souviens pas lui avoir fait une telle promesse en dehors de ses rêves. Il m’explique qu’il attend depuis huit mois son jugement, qu’il ne connaît personne ici etc.
Qu’est ce qui est vrai et qu’est ce qui est faux ? C’est le problème de tous ces pauvres types ; ils racontent tellement de bobards qu’on passe certainement à côté de vraies situations dramatiques, mais on est forcés de se détacher beaucoup et de dire systématiquement « non ». Je me rends d’ailleurs compte déjà du danger du détachement, de la facile tranquillité qu’il procure quand on se dit « ce n’est pas ma vie, je ne peux pas prendre sur moi tout le mal du monde… », mais je goûte surtout l’amertume qui remplit l’être quand on se retourne vers la facilité de notre vie alors que celui qui tend la main se retourne dans sa fange, et dit « merci » ! Ce merci et ce sourire qui l’accompagne sont comme des coups de talon qui m’enfoncent la figure dans la boue de mon égoïsme. Si seulement les pauvres pouvaient être méchants ! Si seulement ils pouvaient être ingrats ! Si seulement ils pouvaient être faciles à rejeter !
Mais non, ils sont là, ils nous crèvent les yeux, et puissions-nous ne jamais nous habituer à eux, puissions-nous ne jamais laisser notre langue s’habituer à l’aigreur de notre égoïsme !
Les jeux commencent enfin, par un concours de chants, disputé entre 4 prisonniers. L’un d’eux chante du rap, l’autre est fou, le troisième est absent et le quatrième est le seul à jouer de la musique et à bien chanter. Bonne rigolade !
Après ça se dispute la grande finale de volley. Magnifique match, vraiment du sport ! Impressionnant !
Pendant la mi-temps, nous assistons à la finale de course sur trois pieds, c'est-à-dire que deux types courent, unis par une de leurs jambes. C’est un vieux jeu scout, mais le voir disputé par des taulards au fin fond de la brousse, c’est assez…surprenant ! Puis il y a la grande finale de tir à la corde, occasion de montrer ses muscles. Ces types déploient tout de même une énergie surprenante quand on sait ce qu’ils mangent : une boulette de farine de maïs par personne et par repas, et basta ! Les jours de fête, comme aujourd’hui, ils ont droit à une boite de sardines. Yepee !
Je profite également de la mi-temps pour faire un brin d’histoire : les JO d’Ebolowa et ceux de la prison sont nés voici 20 ans. On les a appelés naturellement jeux olympiques, sans se poser plus de questions. Mais le gouvernement, après avoir admiré le concept, a demandé une taxe sur le nom « jeux olympiques »…Ils sont comme ça les africains !
Les JO de la ville, dont le siège est la paroisse, s’appellent maintenant Jeux Organisés, et ceux de la prison Vacances Sportives. On avait pensé à Vacances Championnat, mais les initiales sonnaient moins bien…
Nous reprenons le match, qui se solde par une victoire de l’équipe des « Inquiéteurs ». Avant le match de foot, nous avons un entracte présenté par un jeune animateur salésien. Il nous fait un show avec un ballon de foot qu’il maîtrise parfaitement. Il le fait rebondir sur la tête en enlevant et remettant son T-shirt etc. Une vraie otarie !
Match de foot, RAS. Puis une épreuve pour le moins originale : « Bobo mangetout ». Il s’agit, comme le nom l’indique, d’un concours de bouffe ! Deux types prennent place autour d’une table, avec devant eux une assiette pleine de pâtes, de fayots et de viande douteuse, deux bananes, un bâton de manioc[1] et une bouteille de Fanta. Tous les détenus sont autours à les motiver pendant qu’ils se goinfrent frénétiquement. Le suspense est à son comble quand ils ont tout mangé en même temps. La course se termine à la bouteille de Fanta qu’il faut avaler plus vite que l’autre, et…c’est l’équipe de la Juventus qui le remporte, représentée par un détenu titubant après son effort éminemment sportif et qui vient de gagner un repas gratuit !
Nous assistons ensuite à la remise des prix. Il s’agit de pains d’une livre de savon, de T-shirts, casquettes et de boîtes de sardines pour améliorer l’ordinaire. Cette remise des prix dure un temps fou, je m’éclipse pour faire discrètement quelques photos de la prison. J’en fait deux ou trois, puis je suis repéré par deux gars qui me demandent de leur tirer le portrait. Je me retrouve en un rien de temps submergé par les taulards en mal de photos. Je leur dit que je ne les imprimerai pas, mais eux me disent qu’ils veulent que leur image voyage jusqu’en Europe, ils veulent voyager ! Pour eux, l’image est très importante, et le sort de celle-ci joue sur le leur. C’est pourquoi je ne peux pas faire de photos à tous bouts de champs dans les villages où je passe. Je voudrais pourtant en faire plus, chaque coup d’œil est un dépaysement !
Je suis rattrapé par le P. Mierko, la cérémonie s’est terminée sans que je m’en rende compte. Nous rentrons.
Le soir, j’accompagne le même P. Mierko à la messe dans une petite chapelle à la limite de la ville. Il veut que je vienne car je lui ai fait répéter son sermon…il me présente à la communauté comme séminariste et son prof de français, et il précise que je serais tenu responsable de ses fautes !
C’est une petite chapelle, de 50 places. Il y a environ une trentaine de personnes, qui chantent comme deux fois plus, comme toujours. Au moment de la quête, une femme se lève, probablement une bamiléké[2], et harangue les autres pour payer des nouveaux bancs pour la chapelle. Elle demande 2500CFA aux femmes, 1000 aux enfants, et 3000 aux hommes. C’est une petite fortune pour eux, mais il faut 100000CFA (150€ environ) pour payer les bancs, et une veuve a déjà donné 50000 à elle seule. Il faut donc encore 50000. Aussitôt la quête finie, elle fait les comptes pendant le début de la prière eucharistique…
Elle nous annonce le résultat à la fin de la messe : 7500CFA au lieu des 50000 qu’on aurait du donner en tout…
Nous allons ensuite donner la communion à une vielle femme malade, seule dans sa petite maison. J’y vais avec le P. Mierko. Il est 19h, mais il fait nuit noire et je manque de me vautrer deux fois dans la boue du chemin qui mène chez elle. Un jeune qui nous accompagne me dit dans un éclat de rire « alors, mon frère français ! C’est ça l’Afrique » je lui réponds « on m’avait dit qu’il faisait chaud en Afrique ! Tu parles ! ».
La maison de la veuve est une pièce unique, d’une vingtaine de mètres carrés. Elle a deux lits et un foyer en guise de cuisine. Ce que je trouve très dangereux, c’est que le feu n’a pas d’évacuation pour la fumée, ce qui explique la noirceur des murs et du plafond, faiblement éclairés par l’unique lampe à pétrole présente dans la pièce.
Nous rentrons dîner au centre, où nous retrouvons une troupe d’italiens venant du centre Don Bosco de Yaoundé pour passer le week-end avec les nôtres. J’en ai vraiment ras-le-bol des ritals ! Ils sont bruyants et je comprends rien à table, c’est vraiment chiant ! Heureusement qu’il y a le P. Mierko qui parle français et les pères du centre.
Je commence aussi à avoir hâte que le P. Joseph revienne de la retraite qu’il anime à Yaoundé, car je ne sais toujours pas ce que je vais faire cette année. Le P. Artur (le polonais) se contente de me dire « passionce »…
Dimanche 26 août 2007
Messe paroissiale et excursion en brousse
Ce dimanche, le P. Frédéric, vicaire de la mission (paroisse), me demande de servir la messe de 8h30. C’est la messe en français, sachant qu’il y en a une en anglais à 7h et une en bulu à 10h30. Chacune des messe a sa chorale, celle en Bulu en voit 4 se succéder selon les dimanches.
La messe paroissiale me permet de me rendre compte de la ferveur populaire, il y a au moins 600 personnes, mais ils arrivent jusqu’à l’offertoire (au bout d’1h…) et évacuent les lieux en moins de dix secondes…Je constate aussi la liturgie assez déplorable du P. Frédéric, due au fait qu’il est salésien…Le clergé local diocésain est en effet beaucoup plus respectueux des normes liturgiques et il a un bien plus grand respect de la ferveur populaire. Les chants n’ont rien à envier de nos répertoires paroissiaux de campagne…Nous avons droit à « l’amour à fait les premiers pas » et autres réjouissances hautement théologiques...Je comprends aussi à quoi servent les rythmes préenregistrés des synthés ainsi que la bibliothèque des instruments tels que la trompette, les « voice ohoh » etc. L’organiste en use avec…enthousiasme !
Je vais tout faire pour rejoindre la chorale et essayer d’y instiller quelques chants de l’Emmanuel et d’autres chants plus modernes !
L’après midi, nous allons en balade avec les italiens pour visiter un village et une grotte dans la brousse. La semaine dernière, les hauteurs, et là, les profondeurs ! Charles nous sert de chauffeur comme d’habitude car, non seulement il est extrêmement sympathique, mais il peut servir d’interprète pour les ritals. Il est le responsable de l’atelier de mécanique automobile et vient du village que nous allons visiter.
Dès la sortie d’Ebolowa, première embrouille, un flic barre la route à l’aide d’une herse faite d’une planche percée de clous, et il demande à voir les papiers du véhicule. Le chauffeur les lui passe, fébrile, car il sait que quoi qu’il y trouve, le policier trouvera moyen de nous amender. Le centre DB[3] lui facilite la tâche car la visite technique est en retard de deux mois…Après un quart d’heure de négociation, le pauvre Charles s’en tire avec une convocation au commissariat le lendemain, et l’honneur de s’expliquer avec le P. Artur, notre économe, qui, je le rappelle, est slave…
Nous repartons donc et entrons dans la brousse (comprendre forêt équatoriale). Au milieu d’une descente, l’aventure continue. Nous voyons devant nous deux voitures à l’arrêt. La plus proche est une sublime « espace » bordeaux d’au moins vingt ans passés après la date de péremption. Elle est bondée et trois personnes sont sur le toit… Le véhicule devant elle est un taxi non moins rempli, qui est en panne. J’apprendrai dans l’après midi le rôle éminemment stratégique de ce taxi. Il a la mission d’emporter une sono, un générateur et tout le matériel pour faire la maxi teuf mensuelle dans le village voisin de celui de Charles. Celui-ci s’empresse d’aller aider de ses connaissances le malheureux pilote du taxi stratégique. Je le rejoint peu après en glissant dans la boue de la piste pour le voir à l’œuvre. Là, c’est le cliché de l’Afrique ! Un morceau de fil de fer et du scotch, et la voiture redémarre !!! Il y a en fait un problème d’électricité et Charles court-circuite la bobine pour aller du transfo au démarreur en passant par le transpondeur analogique de différenciation injective, sans passer par l’alternateur, en embrassant la crémière et sa fille la belle-mère et le vieux par derrière la maison. Enfin, je crois que c’est ça, mais je ne suis pas expert baby…
Nous dépassons les deux véhicules en mordant dans la broussaille. Nous retrouverons le taxi au retours, il aura fait…500m…
Au bout de 3km de piste, nous arrivons dans le village de Charles. Six ou sept maisons, trois chèvres et douze poules. Il nous fait visiter la maison de sa grand-mère. Elle ressemble beaucoup à celle que j’ai vue en allant porter la communion hier chez la veuve. Une pièce, deux lits, le feu au milieu etc. Charles me dit que c’est la maison typiquement sud-camerounaise. Il est étonné que je lui demande pourquoi les gens ne meurent pas tous asphyxiés. Pourtant, en passant devant des maisons avec le feu allumé, je constate qu’il en sort une épaisse fumée de partout. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’intrigue…
Il nous emmène ensuite visiter leur exploitation de cacao. Il s’agit en fait d’une portion de forêt avec plein de cacaotiers. C’est la saison de la récolte, les fèves sont mûres, il nous en ouvre une et nous goutons ce qui deviendra après séchage et torréfaction le chocolat que nous connaissons. Ça n’a pas du tout le même goût tel quel…
Nous marchons dans la brousse, émerveillés par cette nature si sauvage et si belle. Si seulement les italiens pouvaient cesser deux minutes de brailler !
Il me montre comment on délimite les exploitations. Il y a des grosses plantes rouges qui servent de bornes tout au long des terrains. On dirait comme des minuscules bouquets de longues feuilles rouges. C’est quand même marrant comme système !
Après une demi-heure de marche dans la forêt ponctuée par les explications de Charles, nous reprenons la voiture pour aller à la fameuse grotte. Elle est située dans le village après celui de Charles (je ne retiens pas encore les noms de lieux, qui sont trop compliqués à mes oreilles…). Nous y prenons une brassée de guides, comme pour tous les lieux touristiques semble-t-il. Nous rentrons dans la forêt et découvrons alors une rivière souterraine dont le toit est effondré à un endroit. Les guides nous disent de marcher dans le lit souterrain de l’eau pour arriver à une autre ouverture, après cinquante mètres dans un décor à couper le souffle. Il s’agit en fait d’un simple boyau humide de vingt mètres. Rien d’extraordinaire, mais c’est tout de même joli. Les italiennes nous réjouissent de leurs cris à cause d’une chauve-souris vampire géante d’au moins quatre…centimètres de haut !
Nous reprenons ensuite la route, en prenant au passage les habituels passagers opportunistes de la brousse. Cette fois-ci quatre personnes et un bébé. Nous rencontrons également la grand-mère de Charles que nous avions ratée plus tôt. Il nous dit qu’elle a soixante-quinze ans, mais en parait dix de plus. L’espérance de vie au Cameroun est de soixante ans pour les femmes…
Lundi 27 août 2007
Menuiserie
J’espérais pouvoir enfin vraiment travailler, je suis servi. Valery semble s’être mis un pétard dans le cul ce matin, il doit être en surtension, au moins 0,2 ! Il me dit qu’on commence à être à la bourre. Sans blague ?! Soixante tables en une semaine !
Je me rends compte alors que les machines qui étaient en panne depuis quelques jours ont en fait des doubles, mais qu’il avait la flemme de prendre les lames de l’une pour aller sur l’autre !!! En trois tours de clé à molette, les lames sont mises sur l’autre machine et nous pouvons travailler. Nous aurions pu faire ça voici trois jours, mais non, il avait pas envie ou pas pensé, ou les deux ! Comment un pays peut tourner si toute l’industrie marche comme ça ? Et j’ai l’impression que c’est le cas : l’industrie marche comme ça et le pays comme on le sait !
Grosse journée, ça fait du bien ! A la fin du travail, bonheur, l’eau de la citerne a chauffé au soleil et je prends avec délice ma première douche chaude depuis la France !
Le P. Joseph est rentré à midi ! Je vais enfin connaître mon avenir immédiat ! Enfin, il me dit qu’on se verra demain… passionce…
Cet après-midi, une odieuse découverte jette l’effroi parmi les italiens. Lucia s’adresse à moi devant le manque d’intérêt des salésiens devant le crime : un poulet est sequestré dans le garde-manger depuis deux jours, dans l’attente d’une horrible mort pour assouvir la coupable faim des misérables humains que nous sommes. Elle me dit que je suis quelqu'un de gentil et que je pourrais prendre la défense du malheureux gallinacé. Je réprime à grand peine un fou rire en lui disant que la pauvre bête, malgré le traitement barbare qui lui est infligé, ne ressent pas l’angoisse de la mort étant donné que les animaux s’endorment dans les pièces sombres, ce qui est le cas du cellier.
Nous profiterons de l’absence de la délégation italienne le lendemain pour déguster le poulet, assaisonné d’une bonne rigolade !
Mardi 28 août 2007
Menuiserie, ordres de mission
Journée de menuiserie, classique, RAS à part l’absence bienvenue des ritals partis visiter un hôpital à 80km dans la brousse. J’avoue m’être un peu défilé, content d’être soustrait à leur présence, et Valery a vraiment besoin de moi pour les tables.
Le soir, le P. Joseph me donne ma mission : je déménagerai ce week-end pour la mission, c'est-à-dire la paroisse, à 5min à pied, pour me centrer sur le centre de jeunes (soutien scolaire, sport, chorale etc.) et je donnerai quatre ou huit heures de cours de français en troisième. Enfin, je pourrai me prendre un créneau de la radio pour me familiariser avec les médias.
Je suis content de savoir ce que je vais faire, mais un peu déçu de ne pas vivre ici, au centre professionnel, où je commence à me sentir chez moi… La mission prime, Dieu me comblera !
[1] Ça se présente comme une espèce de tige de 50 cm de l’épaisseur d’un gros cœur de palmier. C’est très bourratif et je trouve ça dégueulasse pour l’instant, mais les locaux l’appellent « bâton essentiel », comme ils appellent le PQ « papier essentiel ». C’est dire son importance dans le régime alimentaire.
[2] Ethnie de l’Ouest du Cameroun, ils sont considérés comme les juifs locaux. Ils tiennent les cordons des bourses de toutes les associations et n’ont pas leur pareil pour réclamer de l’argent et pour le gérer au mieux.
[3] Don Bosco eh ! Patate !
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