Vendredi 31 août 2007
Départ des italiens, menuiserie
Ce matin, les italiens s’en vont. Le départ est prévu à 8h, dernier carat ! A 9h, nous sommes encore en train d’emballer les chaises africaines qu’ils ont fait faire par une ébéniste de la ville. Sylvie à en effet travaillé pour eux pendant tout le mois. C’est elle qui était là voilà quelques jours. J’ai appris depuis que les italiens comptent tout revendre pour la bonne cause, en envoyant ici le produit de leur commerce.
Bref, les adieux durent un bout de temps, à grand renfort de larmes et de « à l’année prochaine ». Les Salésiens prennent avec beaucoup de philosophie ces belles promesses, étant donné que depuis vingt ans les volontaires viennent d’Europe. Seuls deux ou trois reviennent une deuxième fois…
M’enfin, les voilà partis. Je suis un peu dur avec eux mais je modèrerai mes propos dans quelques temps quand la présence d’européens me manquera.
Conséquence de leur départ, les gens se rendent compte que j’existe. Je ne joue pas le pauvre oublié pas accueilli etc., mais j’étais en fait pris par les gens de la paroisse pour un italien, et ils n’osaient pas trop m’adresser la parole, pensant que je ne comprenais pas le français. En plus, ils étaient là depuis deux semaines quand je suis arrivé, alors leurs rapports avec la population locale étaient déjà très développés.
Au déjeuner, ambiance intime, avec Fr Paul-Marie et le P Joseph. Celui-ci arrive une demi-heure en retard, ce qui nous laisse le temps de disserter avec Paul-Marie. Aujourd’hui, nous parlons des différences dans les rapports sociaux en France et en Afrique. Il m’explique les trois niveaux de relations qu’on trouve en Afrique. On peut en effet appeler quelqu'un « Monsieur », ou « Madame », dans les rapports administratifs et impersonnels, comme en Europe. De même également qu’en Europe, on appellera les personnes par leur prénom quand une certaine connivence est déjà installée. Par contre il existe ici, et dans toute l’Afrique, un rapport qui vient du village de brousse. Celui-ci c’est naturellement transmis aux quartiers, sortes de villages dans la ville, et à la paroisse, communauté aussi importante que celle du village. Ce rapport est celui qui est manifesté par l’appellation « papa » et « maman ». Ainsi, on appellera quelqu'un papa ou maman a partir du moment ou cette personne à l’âge pour être notre géniteur et est dans un proche par l’histoire, le sang ou les valeurs partagées.
Ensuite, nous parlons du plan physique des relations. Ici, les hommes et les femmes se manifestent très rarement de la tendresse publiquement. Je n’ai encore jamais vu de couples se tenant par la main comme on en voit partout en France. En fait, je crois ne jamais avoir vu un homme et une femme marchant côte-à-côte. Par contre, les hommes se tiennent très couramment par la main ou par la taille, ce qui peut surprendre un occidental. Cela ne signifie rien par rapport à la fameuse « barrière » à côté de laquelle chacun se situe…
Nous concluons la discussion par une des innombrables anecdotes truculentes de Paul-Marie. Il me raconte comment, une fois qu’il était invité en France à un colloque sur la pauvreté il avait été traité. Les organisateurs avaient invité à la base le P. JM Petitclerc, salésien très connu et proche de notre gouvernement soit dit en passant. Paul-Marie était à l’époque à Argenteuil avec lui et Petitclerc lui demanda de le suppléer à ce meeting. Paul-Marie se retrouva le seul noir, et traité comme tel. Il a alors été abordé par plusieurs personnes, de la haute bourgeoisie, visiblement peu accoutumées à se frotter à des « personnes de couleur ». Ils lui parlaient tous en « petit nègre », dans le genre Tintin au Congo : « alors, toi y en a venir de la brousse ? Toi y en a parler français »… Paul-Marie devait intervenir et a joué les Martin Luther King, ce qui lui a valu un tonnerre d’applaudissements et une semaine de vacances chez les gens qui l’avaient pris pour un évadé de plantation de coton… Énorme rigolade !
Sinon, toujours la menuiserie. Étant donné que je déménage demain, je pense que c’était ma dernière journée dans ce travail. Nous ne sommes qu’à la moitié de la réalisation des tables…
Samedi 1er septembre 2007
Arrivée à la mission
Déménagement vers mon lieu de mission pour les deux ans à venir. Comme je le disais, je regrette un peu de quitter le centre professionnel, où le confort me convenait bien. Cependant, ce ne serait effectivement pas bon pour ma mission. La paroisse est vraiment plus au cœur de la population et me permettra de toucher des réalités plus profondes.
La paroisse est située deux cent mètres en dessous du centre, sur le même axe routier qui relie Yaoundé au Gabon. C’est la grand-rue de la ville, pleine de monde toute la journée. La mission comprend une grande église, une dizaine de classes, une grande salle pour les jeunes avec babyfoot, le presbytère et une chapelle pour les messes des jeunes. En effet, pendant la grand-messe de 8h30 le dimanche, les jeunes se retrouvent dans cette chapelle, située derrière le presbytère.
Le curé, le P. Valentino est donc parti en Italie pour se faire soigner, c’est donc le P. Frédéric qui m’accueille et me montre mes appartements. La maison est nettement plus spartiate que le centre, mais tout à fait vivable. Ma chambre est moins grande et surtout sale et triste, avec un sol en ciment brut et des murs qui avaient dû être blancs…
Le père Frédéric, qui est devenu « Frédéric tu » en deux minutes et qui deviendra bientôt « Frédo » je pense, me fait visiter la paroisse. Quand je lui dis que j’aime la musique, il bondit d’enthousiasme pour me montrer un local où est entreposé le matériel d’un groupe de musique des jeunes. Y’a même une batterie !!! On va bien samuzé !
Je me rends dans l’après-midi à la répétition de chant des adultes que je souhaite noyauter pour y donner quelques nouveaux chants. Je découvre alors que le chef est très compétent, mais que ses chanteurs sont un peu trop cool, ce qui les empêche de correctement fignoler leurs chants. De plus, le chef n’a pas le réflexe, ni semble-t-il le désir, de baisser le ton des chants qui forcent les soprani à hurler comme des cochons à l’abattoir pour sortir péniblement les notes souhaitées. Je manque à plusieurs reprises de partir en fou rire devant les mimiques qu’il fait pour engueuler les femmes qui ne se tiennent pas droit ou ne respirent pas correctement. On dirait le présentateur noir dans « le cinquième élément », Ruby Rod.
Il est très content de mon arrivée, mais pas autant que Frédéric qui me voit déjà soliste et qui espère que je ferais grimper le nombre de participants à la messe. Étant donné que l’église est déjà blindée à craquer, je me demande ce qu’il veut de plus…
Tout s’annonce donc plutôt bien ! Ma seule inquiétude est que j’ai beaucoup de mal à comprendre Frédéric. Il n’articule pas le moins du monde, et avec son accent congolais, c’est un peu tendu ! Mon oreille se fera…
Dimanche 2 septembre 2007
Jour du Seigneur
Calme plat. La messe de ce matin permet au P. Joseph, venu la présider, de me présenter à la communauté qui m’applaudit avec enthousiasme quand elle apprend que je ne suis pas volontaire, mais séminariste et envoyé par mon évêque.
Au déjeuner du dimanche, la paroisse accueille les pères du centre, et le reste de la semaine, c’est le contraire. Par contre, le soir, chacun chez soi.
Au cours du repas, j’apprends que le départ des italiens soulage tout le monde. Je me rends compte que leur groupe souffrait de multiples frictions et qu’ils ont failli éclater dès la première semaine. Je comprends maintenant ma gène ! De plus, Artur dit que de nombreux cœurs ont chaviré du côté des jeunes de la paroisse pour ces beaux et belles italiennes prompts aux caresses chaleureuses ! Tu m’étonne Simone ! Je l’avais bien dit à Mirko qui m’avait répondu « ma, jé lor ait dit ma, tou connais les jènné fill, cépa si simmple ! ». Résultat, ils ont blessé les gens…Moralité : « tripote pas tes potes ! »
Je passe l’après-midi dans ma chambre à travailler et à regarder « the bourne identity », en bénissant mon superbe ventilo que j’ai trouvé dans ma chambre et qui me permet de supporter la chaleur accablante d’aujourd’hui. Frédéric me rit au nez quand je lui en parle en disant qu’au Tchad, il a eu des semaines à 47° à l’ombre !!!
Le soir, je préside les vêpres solennelles de la paroisse, rôle qui échoit au diacre ou au prêtre normalement… Frédéric me dit que ce sera dorénavant mon affaire…
Lundi 4 septembre 2007
Rentrée des classes de N’Ko Ovos
Pour les écoles primaires, c’est aujourd’hui la rentrée, c’est le cas de celle de la paroisse, l’école Don Bosco d’N’ko Ovos (nom du quartier). Les enfants arrivent dès 7h du matin, accompagnés de leurs parents. Ils sont tous en uniforme bleu ciel, et trépignent d’impatience devant leurs salles de classe. La moitié au moins des élèves ne sont pas inscrits encore et le seront pendant la semaine à venir…
Les enfants sont étonnamment silencieux par rapport aux enfants européens. Je suis habitué aux cris stridents des gamins qui jouent dans la cour de récréation, mais ici, même pendant les récrées, le bruit est tout à fait supportable, léger. Finalement, les heures de cours sont plus bruyantes, on entend les enfants psalmodier avec ferveur leur alphabet, sous la férule des professeurs qui les entrainent à crier de plus en plus fort. Toutes les leçons s’apprennent en rythme, en tapant des mains et en parlant en cœur. Le sens inné du rythme et de la chanson des camerounais est tout-à-fait exploité ici !
Je continue un peu de menuiserie en attendant que les cours commencent vraiment.
L’après-midi, je pars avec Daniel, un jeune anciennement élève en mécanique au centre Don Bosco, pour acheter des livres de cours de français. Il m’emmène chez le libraire, me fait asseoir là-bas en délogeant un des employés de sa chaise, il me donne un papier pour y inscrire ma commande, et il me dit qu’il s’occupe de tout. Je suis gêné, je me sens comme un pacha avec mon fidèle serviteur. Il négocie les prix, et me demande 6800CFA pour deux livres, dont un de deuxième ou troisième main…Daniel n’est pas le roi du négoce !
D’ici, j’entends les enfants de maternelle chanter à tue-tête « un petit perroquet…avait un anana-na-na-na…il avait (voix de la maitresse)…un anana-na-na… »
Mardi 5 septembre 2007
Hibou, caillou, chou, genou…
Aujourd’hui, je me plonge dans la préparation de mes cours de français, aidé par les livres achetés hier. Je fais des cours de grammaire, ce qui me permet de me rendre compte que j’ai absolument tout oublié ! Maman ! Au secours !
J’y passe toute la journée et me sépare donc de la menuiserie, au grand dam de Valery, qui commence à monter les tables.
La pluie tombe à verse pendant tout l’après-midi, rendant impossible toute sortie. De plus, les toits des maisons étant en tôle, le bruit des trombes d’eau est vraiment assourdissant.
Mercredi 5 septembre 2007
Votre mission, si vous l’acceptez…
Ce matin, réunion des professeurs à 9h, les choses sérieuses commencent ! Enfin, presque… Sur les vingt professeurs du centre, nous ne sommes pas plus d’une dizaine, réunis pour parler du projet éducatif et des décisions à prendre pour les élèves qui triplent. La réunion est assez pénible, surtout à cause du bruit assourdissant des chiens qui aboient sous les fenêtres, de la menuiserie et du plombier qui creuse dans le béton avec son burin pendant une heure une salle plus loin…
Suite à cela, je vois le P. André, préfet des études, pour qu’il me rencarde un peu sur la façon de donner cours, et pour qu’il me donne des livres d’exercices et des livres de grammaire. Un fois de plus, je me suis emballé en achetant des livres par moi-même, ce qu’il me propose est beaucoup plus utile…Il me dit en outre que j’aurais toutes les classes non pas de troisième comme je l’avais compris, mais de troisième année de collège technique, l’équivalent d’une quatrième pro en France. Il me dit en outre qu’il ne faut pas m’attendre à un niveau trop bon, « ils sont carrément nuls !(sic) ». Bon ! Ça va être sympa !
Puis je vois le P. Joseph, qui me donne plus de précisions sur ma mission en général. Il veut que je m’occupe des enfants de cœur, de la chorale des jeunes et de surveiller les catéchistes (qu’ils soient là et qu’ils donnent effectivement leurs cours). Voilà pour la paroisse. Ensuite, il veut que je donne ces 7-8h de français, plus une de religion, et enfin il veut que je sois ses yeux et ses oreilles à la radio pour surveiller que tout se passe bien comme c’est prévu. Il n’a en effet pas le temps de contrôler ce qui s’y passe. La radio est pourtant située à vingt mètres de son bureau, mais il est toujours accaparé par des gens qui viennent se plaindre de porter la misère du monde sur leurs épaules, et que leur fils est malade, leur fille enceinte, la grand-mère a perdu ses dents et le grand-père ses cheveux, sans compter que le chien à la jaunisse et que la chèvre à eu un petit à trois pattes…
En rentrant, je croise Pauline, une couturière que j’avais rencontrée avec Mirko il y a deux semaines. Elle me dit qu’elle a besoin de mes mesures pour mon costume traditionnel pour lequel elle a reçu le tissu. Je n’ai jamais rien demandé de tel ! Elle prend mon numéro de portable et me harcèle depuis…Le problème est que je ne comprends pas un traitre mot quand elle me parle au téléphone à cause du bruit qui l’environne…
Je passe mon après-midi à préparer un peu les cours de français, notamment l’interrogation du premier cours pour tester leur niveau, j’ai peur du résultat, mais ce n’est pas insurmontable. On explorera les délices du subjonctif imparfait de la deuxième forme plus tard…niargh niargh niargh !
Jeudi 6 septembre 2007
Ausweis et diminutif
Aujourd’hui, le P. Joseph veut me faire faire mon permis de séjour. Je m’attends à une queue interminable à la police, mais je me rends compte que le fait d’être blanc, accompagné du supérieur d’une congrégation religieuse permet de faire avancer les choses… Le préposé est quand même assez pénible, je pense qu’il a du faire ses études en France dans une école de fonctionnaires ou un truc comme ça, il est chiant comme un employé de mairie…Il demande qu’on produise un papier qui prouve que je suis religieux car cette qualité donne droit à une division par trois des frais pour obtenir le permis de séjour. 60000 au lieu de 200000CFA quand même ! Illico presto le P. Joseph me fait un certificat dûment tamponné en rouge, je lui dis que ça fait plus sérieux. Je lui propose aussi de retourner au commissariat en soutane…(Il avait fustigé pendant son sermon de dimanche dernier tous les faux prêtres qui arborent leur soutane fièrement).
Sinon, je suis passé chez le coupe-tifs. Je demande à Artur l’adresse d’un coiffeur pour visage pâle capable de s’occuper honorablement de mes cheveux. Il m’indique un type qui est coiffeur à mi-temps et…vendeur de DVD de films piratés le reste du temps. Il faut donc le chercher près de l’échoppe de son deuxième emploi, située sur le rond point central d’Ebolowa. J’y vais avec Isidore, un jeune du centre. Nous trouvons le gonze, qui m’emmène dans son « salon ». Il s’agit d’une boite en bois de la taille de deux cabines téléphoniques…Il me dit que je suis bien tombé, qu’il est expert en coiffure, pas comme tous ces types qui se prétendent coiffeurs. Je me rassure et lui dit ce que je souhaite : plus court sur les côtés et laisser des cheveux au dess…VOUAM ! Il est déjà rentré à pleine tondeuse au milieu de mes cheveux ! Il me taille la boulle à zéro en moins de deux secondes ! Je retiens à grand-peine un énorme fou rire en le voyant me massacrer les cheveux comme jamais ! En plus, et là je ne peux m’empêcher de pouffer, il commence à me tondre la barbe que je n’ai pas rasée depuis deux jours, puis il me passe la tondeuse sur tout le visage, sur le front, sur le pif, je crois même qu’il va me raser les sourcils… Et il a le culot de me dire « alors ! Des coiffeurs comme ça, vous en avez jamais vu en Europe ! » et moi de lui répondre dans un éclat de rire libérateur « ah ça, c’est sur ! ». Heureusement, au moment de payer, je ne crache que 1000CFA, c'est-à-dire 1,50€, ce qui reste relativement peu cher, même pour un « massacre à la tondeuse I ». La prochaine fois, j’irai chez une coiffeuse pour dames, elles au moins savent surement respecter une coiffure autre que le style boule de billard coiffable à l’éponge.
Sinon, je participe un peu à la réalisation d’un solivage en bois pour mettre un plafond en placoplâtre dans une nouvelle salle. Là encore, un temps hallucinant perdu par les ouvriers. Les poutres qu’ils avaient faites, avec des mi-bois etc. étaient à l’évidence trop épais. Ils faisaient la taille de chevrons de couverture, et pesaient donc très lourd. Ils doivent tous les désépaissir de dix bons centimètres, étant donné qu’il y a au moins 20 poutres, une matinée de plus de foutue ! Dépité par le rythme, je change un peu de crèmerie pour me prendre un cours de mécanique avec Charles et M. Simon, qui retapent une SEAT pour ce dernier. Charles m’explique les systèmes de suspensions puis démarre la voiture comme dans les films pour la tester. Il prend deux fils qu’il frotte sur la batterie parce qu’il n’a pas encore reconnecté le démarreur avec le contact de la clé.
Vendredi 7 septembre 2007
Préparation de cours
RAS, seulement préparation de mes cours de grammaire. Temps gris mais sec.
Départ des italiens, menuiserie
Ce matin, les italiens s’en vont. Le départ est prévu à 8h, dernier carat ! A 9h, nous sommes encore en train d’emballer les chaises africaines qu’ils ont fait faire par une ébéniste de la ville. Sylvie à en effet travaillé pour eux pendant tout le mois. C’est elle qui était là voilà quelques jours. J’ai appris depuis que les italiens comptent tout revendre pour la bonne cause, en envoyant ici le produit de leur commerce.
Bref, les adieux durent un bout de temps, à grand renfort de larmes et de « à l’année prochaine ». Les Salésiens prennent avec beaucoup de philosophie ces belles promesses, étant donné que depuis vingt ans les volontaires viennent d’Europe. Seuls deux ou trois reviennent une deuxième fois…
M’enfin, les voilà partis. Je suis un peu dur avec eux mais je modèrerai mes propos dans quelques temps quand la présence d’européens me manquera.
Conséquence de leur départ, les gens se rendent compte que j’existe. Je ne joue pas le pauvre oublié pas accueilli etc., mais j’étais en fait pris par les gens de la paroisse pour un italien, et ils n’osaient pas trop m’adresser la parole, pensant que je ne comprenais pas le français. En plus, ils étaient là depuis deux semaines quand je suis arrivé, alors leurs rapports avec la population locale étaient déjà très développés.
Au déjeuner, ambiance intime, avec Fr Paul-Marie et le P Joseph. Celui-ci arrive une demi-heure en retard, ce qui nous laisse le temps de disserter avec Paul-Marie. Aujourd’hui, nous parlons des différences dans les rapports sociaux en France et en Afrique. Il m’explique les trois niveaux de relations qu’on trouve en Afrique. On peut en effet appeler quelqu'un « Monsieur », ou « Madame », dans les rapports administratifs et impersonnels, comme en Europe. De même également qu’en Europe, on appellera les personnes par leur prénom quand une certaine connivence est déjà installée. Par contre il existe ici, et dans toute l’Afrique, un rapport qui vient du village de brousse. Celui-ci c’est naturellement transmis aux quartiers, sortes de villages dans la ville, et à la paroisse, communauté aussi importante que celle du village. Ce rapport est celui qui est manifesté par l’appellation « papa » et « maman ». Ainsi, on appellera quelqu'un papa ou maman a partir du moment ou cette personne à l’âge pour être notre géniteur et est dans un proche par l’histoire, le sang ou les valeurs partagées.
Ensuite, nous parlons du plan physique des relations. Ici, les hommes et les femmes se manifestent très rarement de la tendresse publiquement. Je n’ai encore jamais vu de couples se tenant par la main comme on en voit partout en France. En fait, je crois ne jamais avoir vu un homme et une femme marchant côte-à-côte. Par contre, les hommes se tiennent très couramment par la main ou par la taille, ce qui peut surprendre un occidental. Cela ne signifie rien par rapport à la fameuse « barrière » à côté de laquelle chacun se situe…
Nous concluons la discussion par une des innombrables anecdotes truculentes de Paul-Marie. Il me raconte comment, une fois qu’il était invité en France à un colloque sur la pauvreté il avait été traité. Les organisateurs avaient invité à la base le P. JM Petitclerc, salésien très connu et proche de notre gouvernement soit dit en passant. Paul-Marie était à l’époque à Argenteuil avec lui et Petitclerc lui demanda de le suppléer à ce meeting. Paul-Marie se retrouva le seul noir, et traité comme tel. Il a alors été abordé par plusieurs personnes, de la haute bourgeoisie, visiblement peu accoutumées à se frotter à des « personnes de couleur ». Ils lui parlaient tous en « petit nègre », dans le genre Tintin au Congo : « alors, toi y en a venir de la brousse ? Toi y en a parler français »… Paul-Marie devait intervenir et a joué les Martin Luther King, ce qui lui a valu un tonnerre d’applaudissements et une semaine de vacances chez les gens qui l’avaient pris pour un évadé de plantation de coton… Énorme rigolade !
Sinon, toujours la menuiserie. Étant donné que je déménage demain, je pense que c’était ma dernière journée dans ce travail. Nous ne sommes qu’à la moitié de la réalisation des tables…
Samedi 1er septembre 2007
Arrivée à la mission
Déménagement vers mon lieu de mission pour les deux ans à venir. Comme je le disais, je regrette un peu de quitter le centre professionnel, où le confort me convenait bien. Cependant, ce ne serait effectivement pas bon pour ma mission. La paroisse est vraiment plus au cœur de la population et me permettra de toucher des réalités plus profondes.
La paroisse est située deux cent mètres en dessous du centre, sur le même axe routier qui relie Yaoundé au Gabon. C’est la grand-rue de la ville, pleine de monde toute la journée. La mission comprend une grande église, une dizaine de classes, une grande salle pour les jeunes avec babyfoot, le presbytère et une chapelle pour les messes des jeunes. En effet, pendant la grand-messe de 8h30 le dimanche, les jeunes se retrouvent dans cette chapelle, située derrière le presbytère.
Le curé, le P. Valentino est donc parti en Italie pour se faire soigner, c’est donc le P. Frédéric qui m’accueille et me montre mes appartements. La maison est nettement plus spartiate que le centre, mais tout à fait vivable. Ma chambre est moins grande et surtout sale et triste, avec un sol en ciment brut et des murs qui avaient dû être blancs…
Le père Frédéric, qui est devenu « Frédéric tu » en deux minutes et qui deviendra bientôt « Frédo » je pense, me fait visiter la paroisse. Quand je lui dis que j’aime la musique, il bondit d’enthousiasme pour me montrer un local où est entreposé le matériel d’un groupe de musique des jeunes. Y’a même une batterie !!! On va bien samuzé !
Je me rends dans l’après-midi à la répétition de chant des adultes que je souhaite noyauter pour y donner quelques nouveaux chants. Je découvre alors que le chef est très compétent, mais que ses chanteurs sont un peu trop cool, ce qui les empêche de correctement fignoler leurs chants. De plus, le chef n’a pas le réflexe, ni semble-t-il le désir, de baisser le ton des chants qui forcent les soprani à hurler comme des cochons à l’abattoir pour sortir péniblement les notes souhaitées. Je manque à plusieurs reprises de partir en fou rire devant les mimiques qu’il fait pour engueuler les femmes qui ne se tiennent pas droit ou ne respirent pas correctement. On dirait le présentateur noir dans « le cinquième élément », Ruby Rod.
Il est très content de mon arrivée, mais pas autant que Frédéric qui me voit déjà soliste et qui espère que je ferais grimper le nombre de participants à la messe. Étant donné que l’église est déjà blindée à craquer, je me demande ce qu’il veut de plus…
Tout s’annonce donc plutôt bien ! Ma seule inquiétude est que j’ai beaucoup de mal à comprendre Frédéric. Il n’articule pas le moins du monde, et avec son accent congolais, c’est un peu tendu ! Mon oreille se fera…
Dimanche 2 septembre 2007
Jour du Seigneur
Calme plat. La messe de ce matin permet au P. Joseph, venu la présider, de me présenter à la communauté qui m’applaudit avec enthousiasme quand elle apprend que je ne suis pas volontaire, mais séminariste et envoyé par mon évêque.
Au déjeuner du dimanche, la paroisse accueille les pères du centre, et le reste de la semaine, c’est le contraire. Par contre, le soir, chacun chez soi.
Au cours du repas, j’apprends que le départ des italiens soulage tout le monde. Je me rends compte que leur groupe souffrait de multiples frictions et qu’ils ont failli éclater dès la première semaine. Je comprends maintenant ma gène ! De plus, Artur dit que de nombreux cœurs ont chaviré du côté des jeunes de la paroisse pour ces beaux et belles italiennes prompts aux caresses chaleureuses ! Tu m’étonne Simone ! Je l’avais bien dit à Mirko qui m’avait répondu « ma, jé lor ait dit ma, tou connais les jènné fill, cépa si simmple ! ». Résultat, ils ont blessé les gens…Moralité : « tripote pas tes potes ! »
Je passe l’après-midi dans ma chambre à travailler et à regarder « the bourne identity », en bénissant mon superbe ventilo que j’ai trouvé dans ma chambre et qui me permet de supporter la chaleur accablante d’aujourd’hui. Frédéric me rit au nez quand je lui en parle en disant qu’au Tchad, il a eu des semaines à 47° à l’ombre !!!
Le soir, je préside les vêpres solennelles de la paroisse, rôle qui échoit au diacre ou au prêtre normalement… Frédéric me dit que ce sera dorénavant mon affaire…
Lundi 4 septembre 2007
Rentrée des classes de N’Ko Ovos
Pour les écoles primaires, c’est aujourd’hui la rentrée, c’est le cas de celle de la paroisse, l’école Don Bosco d’N’ko Ovos (nom du quartier). Les enfants arrivent dès 7h du matin, accompagnés de leurs parents. Ils sont tous en uniforme bleu ciel, et trépignent d’impatience devant leurs salles de classe. La moitié au moins des élèves ne sont pas inscrits encore et le seront pendant la semaine à venir…
Les enfants sont étonnamment silencieux par rapport aux enfants européens. Je suis habitué aux cris stridents des gamins qui jouent dans la cour de récréation, mais ici, même pendant les récrées, le bruit est tout à fait supportable, léger. Finalement, les heures de cours sont plus bruyantes, on entend les enfants psalmodier avec ferveur leur alphabet, sous la férule des professeurs qui les entrainent à crier de plus en plus fort. Toutes les leçons s’apprennent en rythme, en tapant des mains et en parlant en cœur. Le sens inné du rythme et de la chanson des camerounais est tout-à-fait exploité ici !
Je continue un peu de menuiserie en attendant que les cours commencent vraiment.
L’après-midi, je pars avec Daniel, un jeune anciennement élève en mécanique au centre Don Bosco, pour acheter des livres de cours de français. Il m’emmène chez le libraire, me fait asseoir là-bas en délogeant un des employés de sa chaise, il me donne un papier pour y inscrire ma commande, et il me dit qu’il s’occupe de tout. Je suis gêné, je me sens comme un pacha avec mon fidèle serviteur. Il négocie les prix, et me demande 6800CFA pour deux livres, dont un de deuxième ou troisième main…Daniel n’est pas le roi du négoce !
D’ici, j’entends les enfants de maternelle chanter à tue-tête « un petit perroquet…avait un anana-na-na-na…il avait (voix de la maitresse)…un anana-na-na… »
Mardi 5 septembre 2007
Hibou, caillou, chou, genou…
Aujourd’hui, je me plonge dans la préparation de mes cours de français, aidé par les livres achetés hier. Je fais des cours de grammaire, ce qui me permet de me rendre compte que j’ai absolument tout oublié ! Maman ! Au secours !
J’y passe toute la journée et me sépare donc de la menuiserie, au grand dam de Valery, qui commence à monter les tables.
La pluie tombe à verse pendant tout l’après-midi, rendant impossible toute sortie. De plus, les toits des maisons étant en tôle, le bruit des trombes d’eau est vraiment assourdissant.
Mercredi 5 septembre 2007
Votre mission, si vous l’acceptez…
Ce matin, réunion des professeurs à 9h, les choses sérieuses commencent ! Enfin, presque… Sur les vingt professeurs du centre, nous ne sommes pas plus d’une dizaine, réunis pour parler du projet éducatif et des décisions à prendre pour les élèves qui triplent. La réunion est assez pénible, surtout à cause du bruit assourdissant des chiens qui aboient sous les fenêtres, de la menuiserie et du plombier qui creuse dans le béton avec son burin pendant une heure une salle plus loin…
Suite à cela, je vois le P. André, préfet des études, pour qu’il me rencarde un peu sur la façon de donner cours, et pour qu’il me donne des livres d’exercices et des livres de grammaire. Un fois de plus, je me suis emballé en achetant des livres par moi-même, ce qu’il me propose est beaucoup plus utile…Il me dit en outre que j’aurais toutes les classes non pas de troisième comme je l’avais compris, mais de troisième année de collège technique, l’équivalent d’une quatrième pro en France. Il me dit en outre qu’il ne faut pas m’attendre à un niveau trop bon, « ils sont carrément nuls !(sic) ». Bon ! Ça va être sympa !
Puis je vois le P. Joseph, qui me donne plus de précisions sur ma mission en général. Il veut que je m’occupe des enfants de cœur, de la chorale des jeunes et de surveiller les catéchistes (qu’ils soient là et qu’ils donnent effectivement leurs cours). Voilà pour la paroisse. Ensuite, il veut que je donne ces 7-8h de français, plus une de religion, et enfin il veut que je sois ses yeux et ses oreilles à la radio pour surveiller que tout se passe bien comme c’est prévu. Il n’a en effet pas le temps de contrôler ce qui s’y passe. La radio est pourtant située à vingt mètres de son bureau, mais il est toujours accaparé par des gens qui viennent se plaindre de porter la misère du monde sur leurs épaules, et que leur fils est malade, leur fille enceinte, la grand-mère a perdu ses dents et le grand-père ses cheveux, sans compter que le chien à la jaunisse et que la chèvre à eu un petit à trois pattes…
En rentrant, je croise Pauline, une couturière que j’avais rencontrée avec Mirko il y a deux semaines. Elle me dit qu’elle a besoin de mes mesures pour mon costume traditionnel pour lequel elle a reçu le tissu. Je n’ai jamais rien demandé de tel ! Elle prend mon numéro de portable et me harcèle depuis…Le problème est que je ne comprends pas un traitre mot quand elle me parle au téléphone à cause du bruit qui l’environne…
Je passe mon après-midi à préparer un peu les cours de français, notamment l’interrogation du premier cours pour tester leur niveau, j’ai peur du résultat, mais ce n’est pas insurmontable. On explorera les délices du subjonctif imparfait de la deuxième forme plus tard…niargh niargh niargh !
Jeudi 6 septembre 2007
Ausweis et diminutif
Aujourd’hui, le P. Joseph veut me faire faire mon permis de séjour. Je m’attends à une queue interminable à la police, mais je me rends compte que le fait d’être blanc, accompagné du supérieur d’une congrégation religieuse permet de faire avancer les choses… Le préposé est quand même assez pénible, je pense qu’il a du faire ses études en France dans une école de fonctionnaires ou un truc comme ça, il est chiant comme un employé de mairie…Il demande qu’on produise un papier qui prouve que je suis religieux car cette qualité donne droit à une division par trois des frais pour obtenir le permis de séjour. 60000 au lieu de 200000CFA quand même ! Illico presto le P. Joseph me fait un certificat dûment tamponné en rouge, je lui dis que ça fait plus sérieux. Je lui propose aussi de retourner au commissariat en soutane…(Il avait fustigé pendant son sermon de dimanche dernier tous les faux prêtres qui arborent leur soutane fièrement).
Sinon, je suis passé chez le coupe-tifs. Je demande à Artur l’adresse d’un coiffeur pour visage pâle capable de s’occuper honorablement de mes cheveux. Il m’indique un type qui est coiffeur à mi-temps et…vendeur de DVD de films piratés le reste du temps. Il faut donc le chercher près de l’échoppe de son deuxième emploi, située sur le rond point central d’Ebolowa. J’y vais avec Isidore, un jeune du centre. Nous trouvons le gonze, qui m’emmène dans son « salon ». Il s’agit d’une boite en bois de la taille de deux cabines téléphoniques…Il me dit que je suis bien tombé, qu’il est expert en coiffure, pas comme tous ces types qui se prétendent coiffeurs. Je me rassure et lui dit ce que je souhaite : plus court sur les côtés et laisser des cheveux au dess…VOUAM ! Il est déjà rentré à pleine tondeuse au milieu de mes cheveux ! Il me taille la boulle à zéro en moins de deux secondes ! Je retiens à grand-peine un énorme fou rire en le voyant me massacrer les cheveux comme jamais ! En plus, et là je ne peux m’empêcher de pouffer, il commence à me tondre la barbe que je n’ai pas rasée depuis deux jours, puis il me passe la tondeuse sur tout le visage, sur le front, sur le pif, je crois même qu’il va me raser les sourcils… Et il a le culot de me dire « alors ! Des coiffeurs comme ça, vous en avez jamais vu en Europe ! » et moi de lui répondre dans un éclat de rire libérateur « ah ça, c’est sur ! ». Heureusement, au moment de payer, je ne crache que 1000CFA, c'est-à-dire 1,50€, ce qui reste relativement peu cher, même pour un « massacre à la tondeuse I ». La prochaine fois, j’irai chez une coiffeuse pour dames, elles au moins savent surement respecter une coiffure autre que le style boule de billard coiffable à l’éponge.
Sinon, je participe un peu à la réalisation d’un solivage en bois pour mettre un plafond en placoplâtre dans une nouvelle salle. Là encore, un temps hallucinant perdu par les ouvriers. Les poutres qu’ils avaient faites, avec des mi-bois etc. étaient à l’évidence trop épais. Ils faisaient la taille de chevrons de couverture, et pesaient donc très lourd. Ils doivent tous les désépaissir de dix bons centimètres, étant donné qu’il y a au moins 20 poutres, une matinée de plus de foutue ! Dépité par le rythme, je change un peu de crèmerie pour me prendre un cours de mécanique avec Charles et M. Simon, qui retapent une SEAT pour ce dernier. Charles m’explique les systèmes de suspensions puis démarre la voiture comme dans les films pour la tester. Il prend deux fils qu’il frotte sur la batterie parce qu’il n’a pas encore reconnecté le démarreur avec le contact de la clé.
Vendredi 7 septembre 2007
Préparation de cours
RAS, seulement préparation de mes cours de grammaire. Temps gris mais sec.
10 commentaires:
Inénarrable séance de coiffure :D
Des photos ? (sois pas timide !)
Merci pour ces pages et bon courage !
ta séance hez le coiffeur est à hurler de rire
moi aussi je veux une photo
Comme nous avons été expressement autorisés voire même sollicités pour mettre des insultes, j'en profite: connard !
Bijour jeune padawan!
Bien sympathiques tes aventures sont, et comme moman des photos je voudrais.
Du rugby le programme sur ce site tu trouvas (putain c'est tendue de parler comme ca, il a du talent le hobbit tout vert de star wars!)! Et ainsi des frissons tu ressentiras! http://www.lemonde.fr/web/infog/0,47-0@2-947074,54-951294,0.html
Que la force soit avec toi frère!
yo cousin !
Un immense plaisir de lire ton blog, pour le fond comme pour la forme ! La séance galère aux chiottes a plié en 2 l'enfant que je ne cesserai décidément jamais d'être (...), et j'attend impatiemmen les photos de ta boule à Z... Fais quand même gaffe a ne pas anéantir toute la crédibilité du futur prêtre :D
Be brave et à bientôt !
Tanguy
la séance chez le coiffeur a été pour moi un moment de rire intense!!! .Tu doit etre plutot mignon ac si peu de cheveux!!!. a la prochaine pour de nouvelle aventure aufwiedersehen!
Mon cher frère et néanmoins ami !
Je me suis une fois de plus gondolé en lisant tes aventures ! Outre la séance de coiffure, largement plebiscitée, je voulais signaler ton "Y a même une batterie ! On va bien samuzé !" L'orthographe m'a interpellé, et je me suis rappelé alors l'énôôôrme mimique qui l'accompagne quand tu dis cela... gros fou rire. Aux larmes. Si.
Bien en union de prière avec toi, mon frère ! Porte-toi bien, et ne prends pas froid à la tête surtout !
PS : n'en déplaise à l'éditeur de ton blog, Vianney prend bien une majuscule. Je tenais à le dire. J'y tiens. C'est pour ton bien, en plus, futur prof' de grammaire ! :)
J'en profite aussi. salot! Pas la grande influence de h!
Un frere qui vous veux du bien!(Contrairement a d'autres!lol!)
Enooooorme ton blog!
J'ai pris la liberté de donner cette adresse à tes évêques d'ici et là bas, autant te dire que la place de premier ministre blanc que tu te voyais si vite attribuée (sisi) semble soudainement compromise... Adieux à tes veaux, vaches et cochons! hahahaaaaaaaaa
Steph qui vous veux du mal
Ah l'Afrique!
En tous cas depuis l'IET c'est bien loin... tes petites histoires joliment contées feraient pâlir d'envie l'exposant le plus hardi qui doit se tenir à son texte et ne pas trop en rajouter pour faire rire l'auditoire.
Bon courage cher missionnaire et reviens nous vite... dans deux ans
On prie pour toi depuis l'antre verte
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