jeudi 7 février 2008

Joyeux Noel...

Noël à Kara

Je reprends donc mes activités auprès des jeunes le lundi, pour préparer la fête de Noël. Ici, c’est la veillée de Noël, de sept heures à sept heures.
Les enfants confectionnent quelques décorations, et préparent des sketchs et des danses pour occuper tout le monde jusqu’à l’aube. Nous préparons aussi du jus de bisappe, à base de je ne sais plus quelles fleurs rouges, de jus de citron et de sucre, et un repas de pâte d’igname et d’ailes de poulets.
La messe de Noël est prévue pour ceux qui le veulent, et que j’accompagne, à l’hôtel Kara, maison de grand luxe pour accueillir les diplomates etc. Nous nous y rendons avec une grosse trentaine de nos gaillards, et je me demande quel accueil nous réservera la haute société du coin. Je ne m’étais pas trompé, dans le restaurant de l’hôtel, aménagé sommairement en chapelle pour l’occasion, trônent fièrement les notables de la ville, plein d’eux-mêmes et de dédain pour les jeunes qui entrent en troupeau. Les regards assassins que leur jette une femme non loin de moi m’exaspèrent, d’autant que nous attendons la messe pendant… une heure ! Le prêtre était arrivé à 20h20, déjà vingt minutes de retard, et il est resté à faire des salamalecs à des gens plus riches que les autres, puisque plus en retard…
Messe assez triste, une chorale à hurler, le maître d’hôtel qui coure dans tous les sens pour poser des chaises… mais les gens chantent, participent, et prient.
Les enfants sortent de là surexcités par la fête qui les attends. Celle-ci dure jusqu’à 4h du matin pour moi, et cinq heures pour le pauvre Elie, qui garde un œil sur les derniers acharnés de la danse, et qui ne s’offusquent pas de passer les dix mêmes chansons depuis plus de 8 heures ! J’ai préféré m’éclipser discrètement, moi qui fut pourtant un danseur devant l’éternel avant mon entrée au séminaire. On déplorait mon absence dans toutes les soirées de France et de Navarre pendant au moins un an. Et j’ai réussi à faire le compte de mes soirées, je peux dire humblement, même si je vais passer pour un démon de la nuit, que j’ai fait…4 soirées dans ma vie, sans compter les nouvel ans (ce qui porterait le compte à 7) et les mariages…
Donc, quatre heures du matin, c’est évidement se coucher de bonne heure pour moi…
Bref, les enfants étaient contents, d’autant qu’un généreux donateur espagnol avait fait don de 1000€ pour leur donner à chacun un cadeau, ce qui fut fait grâce à l’industrie chinoise du jouet… Trois jours plus tard, j’étais agréablement surpris de constater qu’il restait encore 2 roues sur quelques voitures, d’autres avaient été customisées dès la nuit de Noël, elles roulaient nettement moins bien mais pouvaient être tirées sans problème par une ficelle.
Ce qui est vraiment beau, c’est la simplicité de la joie de la plupart, qui étaient heureux d’avoir une petite voiture de police, et qui se sont aussitôt organisé un circuit avec les bancs pour faire la course. Evidement quelques pleurs et grincements de dents, puisque tous n’avaient pas les mêmes cadeaux, et que certains eurent des animaux en plastiques, qui firent triste mine sur le circuit pour la course avec les voitures. Cela m’a mené à une question, de l’éléphant et du rinocéros, le quel est le plus fort ? Parce que le rinhocéros est quand même vachement fort non ? (si quelqu'un à une réponse argumentée à proposer, reportez-vous aux commentaires, interdiction de signer Simon Jéremy (que ceux qui ont une culture cinématographique plus grande que celle d’un céphalopode lobotomisé comprennent)).

26 décembre
Une bonne nuit plus tard, nous prenons une journée de rangement avec les enfants, ce fichu harmattan ayant fini par me donner le rhume du siècle. Parlons de ce mystérieux harmattan. On dirait le nom d’un méchant dans un comics espagnol, mais c’est le mitral local, un vent sec et frais qui souffle en permanence pendant plusieurs mois ici. Il dessèche la peau, gerce les lèvres, donne le rhume, fait tomber en panne les voitures à cause de la poussière qu’il véhicule, il fait tomber les cheveux, perdre les dents, tousser, cracher, expectorer et certains prétendent que c’est à cause de lui qu’Eve a croqué la pomme, mais c’est une autre histoire…
27 décembre
Le surlendemain de Noël, toute la communauté prend une demi-journée de recollection, sur une montagne alentour, portant le nom de Thabor. Tiens ! J’ai déjà entendu ce nom-là quelque part. Pour la petite histoire, c’est le nom de cette montagne qui donna l’expression « monter à bord » d’un bateau, puisqu’un jour que des gens se promenaient sur le lac de Tibériade, dans un bateau vert et blanc, d’une élégance rare, et plus fort que l’ébène, pour les trop mauvais temps (merci Diane Tell – décidément je pète un câble moi… c’est encore l’harmattan), et quelqu’un se présente sur la rive, faisant signe au bateau. Les plaisanciers voient l’homme et croient qu’il demande quel est le nom de la montagne qui se situe dans le coin, et lui répondent « le mont Thabor ». Le gars répond « merci mais vous êtes trop loin ! ».
Ce quiproquo incompréhensible est néanmoins instructif autant que peu connu, je l’ai moi-même découvert ce matin seulement. (Je vais prendre mes pilules maintenant)

Toujours est-il que nous nous retrouvons, après avoir suivi une route sinueuse passant au milieu de tout petits villages, dans un cadre splendide, un petit centre de retraite, aménagé par un missionnaire alsacien, mais qui parle bien français. Nous dominons toute une grande vallée, qui commence à jaunir, en ce début de la saison sèche. Les baobabs laissent pendre leurs gros fruits, les palmiers dansent dans le vent et toute l’atmosphère est chargée de la poussière amenée par le vent, et qui donne à tout le paysage une impression de brouillard hivernal.
Le P. Raphaël nous exhorte sur le thème de l’abandon, avec beaucoup de sincérité, le pauvre sera déçu quand le supérieur lui dira ensuite à table « il n’y a rien de plus frustrant que de prêcher devant les salésiens, parce qu’ils ne t’écoutent absolument jamais »…
Nous rentrons ensuite à Kara, Elie et moi pour retrouver nos chenapans, et les pères leurs activités. Comme chaque soir, nous nous retrouvons à 19h pour les vêpres suivies du dîner, qui nous laisse libres à 20h30 pour dormir tôt afin de se lever pour la prière qui est à…5h15 du matin !!!!!!! MAIS POURQUOI SI TÔT ???????????!!!!!!!!!!!!!!!!!!

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Et pourtant, je ne me rappelle pas avoir été lobotomisé... tant pis, je ne sais pas qui est Simon Jérémy.
Heureux d'avoir de tes nouvelles, Gaultier ! Et ma lecture de cet article particulièrement a provoqué, je crois, le réveil de toute la maison. Il faudra que je pense à te lire en plein jour, les gens me prennent pour un fou, mais au moins mon rire ne dérange personne.
Union de prière, tout ça tout ça, on pense fort à toi !