Débuts à Kara
Me voilà dans le bain dès le samedi. Le foyer pour les enfants à risque se compose en fait de trois maisons. Il y a le foyer Jean-Paul II, pour sept enfants pour le moment, qui sont en premier accueil, ce sont de plus jeunes enfants, tout juste sortis de la rue ou certains qui ont été régressés du grand foyer, pour mauvais comportement. Le foyer Jean-Paul II a pour but de donner envie aux enfants de vite changer, perdre leurs habitudes belliqueuses, laisser tout à fait le marché, pour aller au foyer Immaculé, foyer d’accueil et de réinsertion. Justement, ce foyer, le plus grand, où je passe le plus clair de mon temps, accueille environ soixante gamins, de 9 à 20 ans. Ils sont organisés en petits, moyens et grands. Tous sont scolarisés dans des institutions alentours, et ils reçoivent là la structure familiale éducative qu’ils n’ont pas eue en famille. C’est un ensemble de 4 bâtiments, autour de deux cours et d’un terrain de foot, le tout faisant à peu près la taille d’une école primaire moyenne, avec la même ambiance sonore, moins le cri des filles…Celles-ci sont accueillies dans le foyer Ignace. Elles sont une dizaine, de 8 à 17 ans, avec une vielle maman qui se charge de leur encadrement et de donner cours à celles qui ne sont pas encore re-scolarisées. Chez les filles, l’ambiance est plus calme, parfois plus lourde que chez les garçons, ce sont de petits bouts de femmes qui ont pour la plupart déjà enduré assez de souffrances pour toute leur vie.
Alors premier contact avec le foyer immaculé surtout. J’arrive dans ce lieu en me demandant vraiment à quelle sauce je vais être mangé, mais je suis tout de suite surpris par le travail fait par Elie. Les enfants l’aiment, ont confiance en lui, et sont heureux. Dès les premiers instants dans cette maison, je suis rassuré, je serai heureux ici.
Evidemment, les gamins me regardent un peu de travers au début, se demandant qui est ce blanc, barbu (hihi ça c’est pour faire hurler môman…) qui débarque d’on ne sait où. En effet, Elie n’a prévenu que les éducateurs de mon arrivée. Ceux-ci m’accueillent chaleureusement et Bertin me fait faire le tour de la maison immédiatement. Je vois tous ces visages d’enfants qui rient courent et jouent et je me demande où sont les enfants terribles contre lesquels on m’avait mis en garde au Cameroun avant mon départ…
L’après-midi, parlons le même langage pour faire connaissance, foot ! Je me lance fièrement pieds nus avec les enfants dans le sable plein de cailloux, en me disant que ce n’est pas à un vieux scout qu’on apprends à virer ses godasses, mais je déchante rapidement, ils ont des semelles de corne aux pieds, à force de vivre pieds nus et ils ne sentent pas la morsure des caillasses. Je m’apprête à laisser tomber au bout d’un quart d’heure quand la première bagarre commence. Deux gamins s’insultent en kabiyé, et se balancent de tartes avec une belle énergie. Bien sûr, je suis tombé sur deux coriaces, qui refusent de me répondre en français pour que je comprenne de quoi il retourne. L’un d’eux, qui subit plus qu’il ne donne les coups est particulièrement agité. J’entreprends de le sortir du terrain pour le raisonner, mais il se débat comme un beau diable et ne veut pas m’écouter. Et là, mon pif à un coup de génie, il se met à saigner. La vue du sang stupéfie tous les enfants qui sont persuadés que je me suis pris un coup, alors que c’est juste le soleil et l’harmattan (j’y reviendrai), qui me font couler le raisiné. Je vais rapidement me nettoyer, ce qui me permet d’avertir Elie de l’histoire. En deux coups de cul hier à Pot, l’affaire est réglée et les gladiateurs au lit après une douche. Elie m’apprend ensuite que l’un d’eux, est légèrement diminué mentalement et subit sans cesse les quolibets de ses camarades, ce qui donne lieu à des débordements ponctuels…
Bon, première journée concluante, je bois un coup d’eau avec les enfants en me disant que je suis un vrai africain maintenant (surtout qu’il n’y pas d’eau minérale et que je vais creuver de soif sous peu). Et voilà comment se flinguer une nuit et une journée ! Nul besoin d’huile de ricin, l’eau d’ici marche tout aussi bien…
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1 commentaire:
petite faute de français mon connot : on dit pas 2 coups de cul hier à Pot mais 2 coups de cul hier à PAU...
Toi non plus tu n'as pas changé...
enfin au risque de me répéter je te félicite pour la bebar.
Je veux une tof !
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